Quotidien Du Pharmacien

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  • Fausses ordonnances : les codéinés en tête

    Les signalements d'ordonnances falsifiées ne cessent d'augmenter d'année en année. En 2018, ce sont les spécialités codéinées qui sont le plus souvent citées, devançant tramadol, prégabaline et zolpidem.
    Qu'ils se retrouvent face à des patients devenus accros ou à de véritables trafiquants, les pharmaciens se trouvent de plus en plus souvent confrontés à des prescriptions suspectes.

    En 2018, 1 950 ordonnances falsifiées ont été recensées par l'enquête OSIAP (Ordonnances suspectes indicateurs d'abus possible), menée par le Centre d'évaluation et d'information de la pharmacodépendance (CIEP). Un chiffre nettement supérieur à celui enregistré l'année précédente (1 290) et qui montre une nouvelle fois que le nombre de signalements ne cesse d'augmenter (seulement 756 cas avaient été comptabilisés en 2013). Mais qui est, sans aucun doute, bien en-deçà de la réalité. En tout, 3 340 médicaments ont été cités soit, dans le détail, 278 substances et 395 spécialités différentes. Sur la plus haute marche du podium depuis plusieurs années, le zolpidem a été détrôné par la codéine, antitussive et en association au paracétamol, qui représente à elle seule près de 30 % des cas recensés. Zolpidem, qui concentrait près d'un quart des signalements en 2017, n'est plus que 5e un an plus tard (8,6 % des signalements), devancé par la codéine donc, mais aussi par le tramadol (12,2 %) et la prégabaline (11,9 %). Depuis l'arrêté du 12 juillet 2017, 380 cas d'ordonnances falsifiées concernant les produits codéinés ont été enregistrés, contre seulement 20 avant le listage de ces spécialités. Une décision législative qui a entraîné une baisse de leur consommation mais qui a, semble-t-il, poussé dans le même temps de plus en plus de personnes à falsifier des ordonnances afin d'en obtenir.

    Des ordonnances souvent indétectables

    Le CIEP recueille deux fois par an, en mai et en novembre, les ordonnances suspectes identifiées par les officinaux. Ces « périodes d'enquête » sont menées via un questionnaire qui permet de déterminer les « caractéristiques démographiques, les médicaments concernés et les critères de suspicion de l'ordonnance ». À ces chiffres sont ensuite ajoutés ceux enregistrés tout au long de l'année. Des résultats particulièrement intéressants à connaître lorsqu'on se trouve derrière le comptoir, surtout à l'heure où les ordonnances « électroniques » prennent peu à peu le pas sur les prescriptions rédigées à la main. Toutefois, débusquer un patient malhonnête muni d'une ordonnance falsifiée est bien souvent mission impossible. Une « bonne » fausse ordonnance est même indétectable, comme le concède le CIEP. Entre les personnes devenues accros à certains médicaments et celles animées par le désir d'alimenter un véritable trafic, les profils des « suspects » sont aussi divers que variés. Toujours selon l'enquête OSIAP, les demandeurs sont le plus souvent des hommes (60 %) et l'âge moyen se situe autour de 35 ans. Toutes les générations sont concernées, de 10 ans pour le plus jeune falsificateur recensé, à 91 ans pour le plus âgé, selon l'enquête. Enfin, le patient est connu de l'officine dans moins de 10 % des cas.

    Cas extrêmes

    Bien conscients qu'ils ne parviendront pas à flouer le même officinal à plusieurs reprises, les auteurs d'ordonnances falsifiées écument les pharmacies, parfois pendant des années. Placée en garde à vue, une femme de 31 ans originaire du Nord avait ainsi récupéré illégalement plus de mille boîtes d'antalgiques et de somnifères pendant cinq ans. Le nombre de comprimés d'alprazolam, de tramadol et de zolpidem retrouvés chez cette dernière a levé tout doute sur la possibilité d'une consommation personnelle. À Beaucaire, dans le Gard, 251 fausses ordonnances médicales ont été retrouvées chez un homme de 64 ans, qui, depuis son ordinateur personnel, rédigeait de fausses prescriptions afin d'obtenir, selon ses dires, des somnifères pour son épouse. Usurpant, pendant quatre ans, le nom d'un seul et même généraliste, le sexagénaire a été inculpé par le tribunal correctionnel de Tarascon pour « escroquerie à la CPAM, faux et usage de faux » et attend aujourd'hui son procès. Condamnée à huit mois de prison avec sursis et à une obligation de se soigner, une femme vivant à Lorient, dans le Morbihan, a volé des ordonnances, les a photocopiées et a modifié les posologies pour obtenir un somnifère auquel elle était dépendante. Les ordonnances sécurisées nécessaires pour obtenir ce médicament n'auront pas empêché la trentenaire, qui utilisait plusieurs identités, de flouer quatre praticiens du département pendant deux ans avant que des pharmaciens vigilants ne finissent par donner l'alerte.

    Une pratique « normale » aux yeux de certains patients

    S'ils ne s'inquiètent pas d'éventuels risques iatrogéniques, une possible condamnation judiciaire donne tout de même quelques sueurs froides à certains usurpateurs, qui n'hésitent pas à se servir des forums de discussion sur Internet pour trouver conseil. « J'ai été pris hier en " flag " chez le pharmacien après lui avoir envoyé, via une application, une fausse ordonnance pour du Dafalgan codéine. J'en ai fait à peu près une vingtaine, je ne sais pas si le médecin ou le pharmacien va porter plainte… », raconte ainsi un utilisateur du site « PsychoActif ». Selon cet internaute, c'est l'addiction à ce médicament combinée aux nouvelles règles en vigueur qui l'a poussé à commettre ce délit. Certains utilisateurs lui préconisent d'aller discuter avec le médecin afin d'obtenir sa clémence.

    Considérée comme une fraude à la Sécurité sociale, la falsification d'ordonnance peut être très sévèrement punie par la loi. Si un particulier peut écoper d'une amende de 5 000 euros en cas de fraude avérée, une escroquerie manifeste (si l'ordonnance est créée de toutes pièces par exemple) peut, elle, être passible d'une amende de 375 000 euros et d'une peine de 5 ans d'emprisonnement, comme le précise l'article 313-1 du Code pénal.

    Comment reconnaître ?

    En France, l'application Alerte Pro Santé propose un service dédié aux vols d'ordonnances. Alimentée en continu par les signalements réalisés par les prescripteurs victimes de vols, la plateforme Alerte Pro Santé est en mesure d'adresser des alertes régionalisées aux pharmaciens susceptibles de se voir présenter ces « prescriptions maison ». Un dispositif dont l'efficacité dépend bien sûr de l'adhésion des professionnels de santé. À défaut, pour ne pas être dupe, quelques indices évocateurs suffisent à trahir les intentions douteuses : confusion ou nervosité devant le comptoir, présence sur l'ordonnance du tampon d'une autre pharmacie ou encore refus de présenter la carte Vitale.

    Source : Le Quotidien du Pharmacien n°3548
    Un article de Pascal MARIE

    Information Publié le 03/11/2019
  • Coup de frein sur le libre accès

    L’offre antalgique pourrait disparaître du rayon libre accès en janvier 2020. C’est en tout cas le vœu de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui vient d’engager une procédure dans ce sens.

    Le but ? Lutter contre le mésusage et ses graves conséquences en replaçant le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine derrière le comptoir.

    Après l’ajout du message « surdosage = danger » sur les boîtes de paracétamol décidé en juillet dernier, l’ANSM souhaite mettre en place une nouvelle mesure de protection des utilisateurs d’antalgiques sans ordonnance.
    Concrètement, cela revient à sortir les spécialités contenant du paracétamol, de l’ibuprofène ou de l’acide acétylsalicylique – seuls ou en association – de l’espace libre accès.
    Une manière, selon l’Agence, de « renforcer le rôle de conseil du pharmacien ».
    Sur les 484 spécialités de la liste de médicaments autorisés en libre accès, 36 contiennent du paracétamol et 46 un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) soit 82 présentations concernées par cette mesure ; et 17 % du panier en libre accès.

    « Cette mesure s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’ANSM pour renforcer le bon usage de ces médicaments qui sont très consommés en France, disponibles sans ordonnance, mais souvent banalisés au point que certains utilisateurs oublient qu’il s’agit bien de médicaments.
    Nous voulons modifier cette perception des patients actuellement majorée par leur présence en libre accès », explique le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments en antalgie de l’ANSM.
    Une proposition et une justification soutenues par Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) car, souligne-t-il, « en dépit des conseils donnés par le pharmacien, ces spécialités pharmaceutiques peuvent être perçues par les patients comme des produits de consommation courante parce qu’elles leur sont directement accessibles ».

    Au cas par cas

    L’agence rappelle que si ces médicaments sont sûrs et efficaces lorsqu’ils sont correctement utilisés, ils deviennent dangereux en cas de mésusage. Le paracétamol, connu pour ses risques hépatiques, reste la première cause de greffe du foie d’origine médicamenteuse, tandis que les AINS peuvent entraîner de graves complications infectieuses ou rénales et sont fœtotoxiques à partir du 6e mois de grossesse.

    Instauré le 1er juillet 2008, le libre accès en officine est pourtant assorti d’un certain nombre de garde-fous visant à assurer le bon usage des médicaments.
    Mais l’agence pense qu’il est nécessaire d’aller plus loin. « Face à un patient qui arrive au comptoir avec la boîte d’antalgiques choisie en libre accès, le pharmacien pourrait se limiter à rappeler les règles de bon usage sans remettre en cause le choix de l’antalgique. Lorsque la demande d’antalgique est réalisée au comptoir, il est plus évident pour le pharmacien de vérifier que cette demande du patient correspond à son besoin. Certains mésusages courants pourraient ainsi être évités, comme l’utilisation de paracétamol pour soigner une gueule de bois ou d'ibuprofène au lieu de paracétamol en première intention pour une douleur légère à modérée », souligne le Dr Philippe Vella.
    Pour autant, l’ANSM ne remet pas en cause le principe même du libre accès.

    Phase contradictoire

    « Rappelons que pour qu’un médicament figure dans la liste « libre accès », le laboratoire doit nous envoyer une demande que nous analysons avant d’autoriser ou non la spécialité en libre accès. Rappelons également que les pharmaciens ont la liberté de positionner ces médicaments devant ou derrière le comptoir », précise le Dr Philippe Vella.
    Selon les derniers chiffres connus de l’AFIPA* datant de son baromètre 2014, 72 % des officines ont mis en place un rayon libre accès. Mais d’après le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Gilles Bonnefond, ce chiffre n'atteindrait pas 50 %.

    Pour mener à bien ce projet, l’ANSM a rencontré en amont les représentants ordinaux des pharmaciens et les représentants syndicaux des médecins et des officinaux, qui se sont montrés plutôt « favorables, voire très favorables » à cette idée.
    Les industriels de leur côté, « ne nous ont pas fait part d’une opposition à ce stade ». L’agence a initié fin septembre la phase contradictoire en envoyant un courrier à la vingtaine de laboratoires proposant des spécialités contenant un AINS disponibles en libre accès et à la quinzaine de ceux dont les spécialités devant le comptoir comprennent du paracétamol.
    Ils ont un mois pour transmettre leurs remarques, que l’Agence promet de prendre en compte.
    Pour l’AFIPA, qui estime que le projet « représente un véritable retour en arrière après une dizaine d’années de coconstruction du libre accès », les jeux sont déjà faits (voir ci-dessous).

    Un très bon signal

    L’ANSM ne cache pas son souhait de voir cette mesure en place dès janvier prochain puisqu’elle n’a pas d’impact industriel en termes de fabrication, « contrairement à l’instauration du message « surdosage = danger » sur les boîtes de paracétamol qui implique un réétiquetage selon des normes précises et un écoulement des stocks ».
    En outre, souligne le Dr Philippe Vella, ces médicaments restent disponibles sans ordonnance. « Nous comptons sur le pharmacien pour qu’il joue pleinement son rôle, notamment dans la délivrance de messages de bon usage du médicament de façon à ce qu’il soit utilisé à bon escient. »

    Une confiance renouvelée appréciée par les syndicats. « La FSPF se félicite que l’ANSM reconnaisse le rôle des pharmaciens d’officine dans la sécurisation de la dispensation de ces médicaments », indique Philippe Besset.
    De son côté, Gilles Bonnefond salue la « position courageuse de l’ANSM » et se félicite que certaines dérives constatées chez des confrères soient amenées à disparaître. « Les promos sur le paracétamol ou l’ibuprofène, la pyramide de paracétamol au milieu de la pharmacie, tout cela, c’est fini. Pour certains, le rayon libre accès était devenu un rayon discount.
    Or c’est un autre métier que celui de la santé. L’USPO défend depuis des années un parcours de soins en opposition avec un parcours de consommation, la décision de l’ANSM est donc un très bon signal. »
    Mais le président de l’USPO espère que l’Agence ne s’arrêtera pas en si bon chemin.
    Son vœu ? Qu’elle se penche sur la vente de ces mêmes spécialités sur Internet. « À un moment il avait été envisagé de ne permettre la vente en ligne que pour les médicaments figurant sur la liste du libre accès, se souvient Gilles Bonnefond. L’idée mérite d'être creusée. »

    * Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable.

    Article de Mélanie Maziere
    Source : Le Quotidien du Pharmacien n°3546

    Actualité Publié le 14/10/2019
  • Les petites pharmacies vont devoir s'adapter !

    Confrontées à des adversaires bien mieux armés, les petites officines souffrent en France, comme dans le reste de l'Europe. En Belgique et en Italie, notamment, l'apparition de chaînes et de « supermarchés de la santé » est un facteur aggravant pour le réseau officinal.

    Durement concurrencées par des réseaux et groupements de pharmacies de plus en plus puissants, soumises aux baisses du prix du médicament, contraintes à de lourds investissements pour pouvoir réaliser les nouvelles missions, les petites officines s'inquiètent pour leur avenir.

    Réalisée par Fiducial et l'IDRAC Business School, école de commerce présente sur neuf campus du pays, une étude s'est intéressée aux conditions de réussite et d'échec des pharmacies indépendantes en France, en Belgique et en Italie. Alors que dans ces trois pays, le modèle économique traditionnel des pharmacies, « est aujourd’hui en fort déclin », note le rapport, les plus fragiles d'entre elles subissent de plein fouet la restructuration du secteur. 
    Les entretiens qui ont nourri ce travail donnent un aperçu du ressenti de pharmaciens installés dans ces trois pays qui présentent des caractéristiques différentes, mais partagent aussi quelques points communs. 
    En France, comme chez nos voisins, l'âge d'or de la pharmacie a vécu et les « indépendants » doivent faire preuve d'une grande capacité d'initiative et d'adaptation pour espérer survivre.

    En Belgique : résister à la guerre des prix de Médi-Market

    Depuis deux décennies, la Belgique perd, chaque année, entre trente et cinquante officines. Une tendance de fond qui s'est accélérée sur la période récente, marquée par l'avènement, en 2009, de Médi-Market, le premier « supermarché de la santé ».
    Tablettes tactiles en libre accès pour offrir aux patients des informations sur les traitements, machines capables de réaliser en quinze minutes un test de peau pour diagnostiquer le vieillissement cutané́ et les soins acnéiques, possibilité de s’entretenir gratuitement, en officine, avec des diététiciens, des esthéticiens, ou encore des naturopathes…
    Difficile de rivaliser avec une entreprise à la palette de services aussi large et qui mène une guerre des prix insoutenable pour des officinaux indépendants.
    Surtout dans le pays qui dispose du réseau le plus dense de l’Union européenne, après la Grèce, avec près de 5 000 officines pour environ 11 millions d'habitants.

    Les pouvoirs publics belges ont donc décidé, via un moratoire reconduit jusqu'à cette année, de « stabiliser le nombre maximum d'officines autorisées, pour limiter le nombre de concurrents ».
    Un an après l'arrivée de Médi-Market, les autorités du plat pays avaient déjà choisi de « forfaitiser » la marge du pharmacien sur les médicaments délivrés sur ordonnance.
    Rémunérés depuis 2013 pour certains actes de conseil et de suivi, les pharmaciens indépendants belges s'estiment tout de même « en danger ».
    De plus, comme le déplore l'étude, « leurs stratégies pour résister ne relèvent pas d’une action collective », notamment à grande échelle.
    Toutefois, lorsque la concurrence est « mesurée », et surtout si aucun Médi-Market ne se trouve aux alentours, certains indépendants parviennent à dégager des bénéfices, parfois « exceptionnels ». Une preuve que le modèle, encore ultra-majoritaire en Belgique, n'est pas totalement mort, même si la réussite passe par « des économies d'échelle » et requiert une « augmentation du volume d'activité ». Comme beaucoup de leurs confrères français, les indépendants belges tentent aussi de développer des stratégies pour attirer de nouveaux patients, en s'appuyant notamment sur la qualité du conseil et un suivi individualisé.

    En Italie : des subventions pour les pharmacies rurales

    Longtemps dominé par un modèle familial, le secteur de la pharmacie d'officine italien a vu sa situation concurrentielle se détériorer « considérablement » depuis le début des années 2000.
    Alors que 10 % des pharmacies transalpines sont détenues par les communes, plusieurs grandes villes, essentiellement dans le nord du pays, ont « cédé une partie majoritaire du capital à des sociétés privées spécialisées », note le rapport.
    Phoenix, LloydsPharma ou Celesio rassemblent parfois jusqu'à 90 officines et ne sont pas les seules structures contre lesquelles les indépendants doivent lutter.
    Les pharmacies hospitalières du pays sont autorisées depuis plusieurs années déjà, à vendre au grand public des médicaments sur prescription, en profitant d'un abattement de 50 % qui leur permet de mettre en place des politiques tarifaires difficiles à contrer.

    À cela, est venue s'ajouter la possibilité pour des grandes surfaces et des boutiques spécialisées de proposer des médicaments en vente libre, des produits parapharmaceutiques et même certaines spécialités de prescription médicale obligatoire non remboursables.
    Les régions ont aussi la possibilité d'acheter « directement aux fabricants certains médicaments, souvent les plus coûteux ». Dans ce cas, les pharmacies d'officine, qui ont la charge de les distribuer aux citoyens, ne jouent plus alors « qu'un rôle d'intermédiaires et ne touchent plus que quelques euros par médicament vendu ».
    Sans surprise, tous ces changements ont fait baisser « de manière significative » le chiffre d'affaires de nombreux indépendants.
    Comme l'anticipe l'étude, toutes ces mutations vont « bouleverser le paysage pharmaceutique italien », avec sans doute l'arrivée de nouveaux investisseurs, peut-être issus de la grande distribution.
    En attendant, pour permettre à des territoires isolés de ne pas se retrouver dépourvus d'officine, des subventions pouvant atteindre 20000 euros chaque année sont accordées par les pouvoirs publics régionaux à certaines pharmacies si leur chiffre d'affaires n'atteint pas un certain seuil.
    Une mise sous perfusion déjà suggérée par la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) pour les officines les plus fragilisées de l'Hexagon


    Source : Le Quotidien du Pharmacien n°3545

    Actualité Publié le 11/10/2019
  • Les LGO s'adaptent-il aux évolutions ?

    Compagnons de l’officine depuis la mise en place du système SESAM-Vitale en 1998, les logiciels de gestion d’officine (LGO) sont devenus au fil des années un élément clé de l’outil informatique du pharmacien officinal. Un statut qui implique de s’adapter, en permanence, aux évolutions du métier pour couvrir au mieux les besoins du pharmacien et de l’équipe.

    Depuis le traitement de la facturation et de la télétransmission des ordonnances, les LGO ont petit à petit étendu leurs fonctionnalités pour fournir un support technique au pharmacien sur toutes les composantes de son métier.
    Gain de temps, sécurisation de la délivrance, traçabilité… en constituent les principaux objectifs et les besoins ne cessent d’augmenter avec la transformation du métier et les évolutions réglementaires.

    DOSSIER MÉDICAL PARTAGÉ ET DOSSIER PHARMACEUTIQUE

    Mis en place en 2007, le dossier pharmaceutique (DP) a constitué une petite révolution. Aujourd’hui, tous les logiciels de gestion proposent sa création et sa consultation et 99,9 % des officines y sont raccordées.
    Mais le DP évolue en proposant de nouveaux services pour sécuriser la chaîne du médicament : « DP-Ruptures » pour la ­gestion des ruptures d’approvisionnement, « DP-Alertes » pour les alertes sanitaires, « DP-Rappels » pour les rappels et retraits de lots de ­médicaments, « DP-Suivi sanitaire » pour contribuer au suivi de la situation sanitaire de la France… et tous les logiciels ne permettent pas encore d’y accéder. De même, la nouvelle fonctionnalité

    « Rappels et blocages », disponible depuis la fin du mois de novembre (2018), est encore très peu intégrée dans les LGO. Cette fonctionnalité bloque la dispensation de produits issus d’un lot rappelé, dès lors que la boîte est scannée en officine.

    Par ailleurs, en tant qu’acteurs de proximité et tiers de confiance, les pharmaciens sont appelés à jouer un rôle majeur pour assurer le déploiement du dossier médical partagé (DMP) et sont vivement encouragés à le créer avec leurs patients. Parmi les DMP déjà ouverts, près de 40 % l’ont été en pharmacie, 39 % par les patients eux-mêmes et 18 % dans les Caisses primaires d’Assurance maladie (CPAM). En pratique, les officinaux peuvent utiliser, pour créer un DMP, le lecteur de carte vitale Kap&Link® (groupe Pharmagest) ou directement leur LGO comme chez Smart RX par exemple.
    Pour ceux, de moins en moins nombreux, qui ne disposent pas de cet accès, la création du DMP peut être réalisée directement sur le site Internet du gouvernement : www.dmp.gouv.fr.

    Mais, l’avenir du DMP ne se limite pas à son ouverture et de nombreuses questions pratiques et technologiques devront être résolues afin qu’il puisse assurer pleinement sa mission de carnet de santé numérique : accessibilité au pharmacien ? Lien entre DP et DMP ?…

    DONNÉES DE SANTÉ, QUEL CIRCUIT ? QUELLES GARANTIES ?

    La production de données et leur circulation ont ­beaucoup augmenté en officine ces dernières années, et la tendance ne devrait que s’amplifier dans le futur.
    Le pharmacien titulaire est le responsable de ces données et il doit pouvoir en garantir la protection.
    En pratique, l’éditeur de logiciel n’est pas, à proprement parler, concerné puisqu’il ne traite pas les données ; en revanche, l’hébergeur, qui en assure le stockage, doit être agréé ou certifié.

    Les applications mobiles qui se développent pour faciliter le lien pharmacien/patients par les nouveaux services qu’elles proposent (envoi ­d’ordonnances, push de notifications de prise des médicaments…) imposent aux LGO de mettre ces applications en lien avec le quotidien du pharmacien.
    Ainsi, LGPI a créé un onglet Ma Pharmacie Mobile et Smart RX MonAppliPharma. Des expérimentations sont également en cours sur la dématérialisation entre éditeurs de LGO et CPAM.

    LA SÉRIALISATION, LE GRAND CHANTIER DE 2019

    Prévu depuis 2011, ce règlement européen vise à lutter contre les médicaments falsifiés via deux dispositifs : un dispositif d’inviolabilité permettant de vérifier visuellement l’intégrité d’une boîte de médicament et un dispositif d’identification unique par boîte (code Datamatrix) pour les médicaments à prescription médicale obligatoire.
    La mise en place de ce deuxième dispositif apparaît d’une grande complexité, en ­particulier pour l’officine, puisqu’il incombera au pharmacien d’interroger, pour chaque unité délivrée, la base de données nationale répertoriant tous les identifiants déclarés par les industriels.
    Pour la France, c’est France MVO (France Medicines Verification Organisation) qui est l’organisme national de gouvernance de l’authentification des médicaments.
    Selon l’éditeur LGPI : « En tant que vice-président de la FEIMA (Fédération des éditeurs d’informatique médicale et paramédicale ambulatoire), Denis Supplisson a sollicité à plusieurs reprises France MVO et la Direction générale de la santé afin d’avoir des précisions sur le financement (développements, maintenance applicative et support), sur certains aspects fonctionnels du cahier des charges (PDA, dus, manquants, robots…) et sur le système d’authentification.
    La rencontre du 24 novembre 2018, organisée en présence des syndicats de pharmaciens, du CNOP et des principaux éditeurs dont la FEIMA, a permis d’obtenir une réponse sur le financement : c’est aux pharmaciens de supporter la charge de l’équipement logiciel et matériel. Concernant les autres points, nous attendons désormais des précisions du ministère ».

    Faute de définition précise, aucun cahier des charges n’a pu être à ce jour communiqué aux éditeurs de logiciels qui ne peuvent, par conséquent, démarrer les travaux de développement et d’intégration. Et les prévisions les plus optimistes envisagent un déploiement fin 2019.

    Lire cet article directement sur le site du Quotidien du Pharmacien

    Actualité Publié le 21/09/2019
  • Fausses ordonnances : une quarantaine de pharmacies victimes dans le Nord

    Une trentenaire a été condamnée mardi par le tribunal de grande instance de Douai (Nord) pour s’être procuré, à l’aide de 165 fausses ordonnances, plus d’un millier de boîtes de tramadol et d’alprazolam auprès de 39 pharmacies de la région.

    La vigilance d’un pharmacien de Lallaing (Nord) a permis de lever le voile à l'automne dernier sur les agissements frauduleux de cette femme de 31 ans originaire d’une commune limitrophe. Il suspecte l’ordonnance présentée d’être un faux et prévient le médecin « prescripteur » de Sin-le-Noble qui immédiatement porte plainte. Les investigations permettent de découvrir que la jeune femme a produit pas moins de 169 ordonnances dans le but de s’approvisionner en tramadol, alprazolam et zolpidem. À noter que ces trois spécialités figurent au palmarès des médicaments les plus concernés par la falsification d'ordonnance.

    Selon les résultats de l'enquête, 1 015 boîtes dont 600 boîtes de tramadol ont ainsi été délivrées en cinq ans à la trentenaire dans au moins 39 pharmacies de Douai et de Lens. À chaque fois, les ordonnances à l’en-tête de médecins de la région mais aussi de la Meuse et de Charente-Maritime, étaient modifiées par ordinateur. Lors de sa garde à vue à la mi-mars, la jeune femme a reconnu s'être fait délivrer ces médicaments pour des amis prétendus. Elle ne présentait jamais de carte vitale et réglait en espèces, par chèque à son nom ou à l'aide de la carte bancaire de son ex-compagnon.

    La prévenue, qui s’est déclarée dépendante aux opioïdes, a été reconnue coupable de faits qualifiés d’escroquerie et condamnée à douze mois de prison avec sursis ainsi qu’à une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins.

    Source : Lequotidiendupharmacien.fr

    Lutter contre la fraude aux prestations de santé ? alerte-pro-sante.fr
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    Actualité Publié le 02/08/2019
  • 20 % des patients allemands se font conseiller à l’officine… avant d’acheter en ligne !

    Selon une enquête effectuée par l’Institut de recherche sur le commerce de Cologne, 20 % des clients demandant des conseils en pharmacie sur un médicament en vente libre iraient ensuite l’acheter en ligne. Une partie d'entre eux achèterait tout de même sur place le produit conseillé, mais renouvellerait ensuite l’achat en ligne, alors qu’une autre partie, encore plus « rapace », n’achèterait même pas le produit présenté ou conseillé par le personnel de la pharmacie.

    Ces attitudes inquiètent les pharmaciens, qui soulignent qu’au-delà de la perte commerciale, elles accaparent inutilement le personnel, qui doit cesser d’autres tâches au profit de ces conseils gratuits. Selon l’enquête, effectuée par l’institut auprès de 200 pharmacies de Cologne, 97 % des pharmaciens considèrent certes que leurs patients attachent une grande importance au conseil, mais 76 % d’entre eux pensent que les clients qui n’achètent qu’une seule fois, ou pas du tout après avoir demandé un conseil, commandent ensuite le produit en ligne.

    Certains pharmaciens plaident pour la mise en place d’un conseil payant en cas d’absence d’achat, mais la solution, de toute manière difficile à mettre en place, est loin de faire l’unanimité. En revanche, 60 % des pharmaciens qui s’aperçoivent que les demandes de conseil ne seront visiblement pas suivies d’achat mettent fin à la conversation et demandent à leur personnel d’agir de même.

    Outre les OTC, les cosmétiques, les vitamines et les compléments alimentaires seraient les plus touchés par ces comportements, en forte augmentation depuis un an ou deux. À l’inverse, les patients qui viennent pour de « vrais » maux, en particuliers des douleurs, des refroidissements ou des troubles digestifs, achètent presque toujours le médicament qui leur est proposé, son utilisation ne pouvant, il est vrai, pas attendre le temps d’une livraison par la poste…

    Le Quotidien du Pharmacien n°3534

    Actualité Publié le 12/07/2019
  • État des lieux : Les pharmacies en ligne en Europe

    En 2011, une directive européenne a obligé tous les États membres à autoriser les ventes en ligne de médicaments sans ordonnance : la directive, transposée par la France en 2012, s’y applique officiellement depuis le 2 janvier 2013.

    L’arrêt de 2003, entré dans la postérité sous le nom d’« arrêt Doc Morris » obligeait les États à accepter les ventes en ligne sans prescription depuis tous les États membres, mais les laissait libre d’autoriser ou d’interdire les ventes de prescription par ce canal. Ce principe a été repris par la directive de 2011 qui, moyennant un certain nombre de garde-fous et de règles de sécurité, laisse les États régler eux-mêmes la question des ventes de prescriptions en ligne.

    Aujourd’hui, 20 des 28 États membres de l’UE limitent les ventes en ligne aux seuls médicaments sans ordonnance, tandis que 8 acceptent aussi les ventes de prescription. Il s’agit de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, de l’Estonie et de Malte, la Lituanie envisageant de rejoindre ce groupe fin 2019. Hors de l’Union européenne, mais au cœur de l’Europe, la Suisse constitue un cas original, puisqu’elle n’autorise que les ventes de prescriptions en ligne et non celles des OTC : la loi exige en effet une ordonnance pour toute vente en ligne ce qui, par définition, est impossible pour un OTC.

    En Allemagne, 3 000 pharmacies sur 19 000 complètent leurs activités classiques par des ventes en ligne, mais seulement 150 d’entre elles sont de véritables pharmacies virtuelles disposant de Webshops et recensées sur des moteurs de recherche. Les vingt premières pharmacies de cette liste réalisent à elles seules 90 % du chiffre d’affaires du secteur. En 2017, les prescriptions en ligne ont atteint 8 millions de boîtes, pour un montant de 305 millions d’euros, soit 1,1 % du volume et 1 % du chiffre d’affaires des prescriptions, et celles des OTC 112 millions de boîtes pour un montant de 850 millions, soit 13 % du volume et 17 % des ventes. En 2018, les OTC ont encore progressé de 9 %, alors que les prescriptions en ligne stagnaient. Les deux tiers des Allemands ont déjà commandé des médicaments en ligne, surtout pour des raisons de prix, et moins d’un quart exclut de le faire un jour.

    Ces ventes sont encouragées par le prix élevé des médicaments et la possibilité d’obtenir des rabais spectaculaires en les commandant dans les pays voisins, notamment aux Pays-Bas, ce qui a fait la fortune des « géants » comme Doc Morris, « hollandais » de nationalité mais, comme plusieurs de ses concurrents, créés et dirigés par des pharmaciens allemands installés dans des petites villes situées à la frontière germano-hollandaise.

    Le Royaume-Uni peut être considéré comme la « terre natale » des ventes en ligne en Europe. La première pharmacie virtuelle d’Europe, « Pharmacy2U » fut créée en 1999 et reste leader du secteur, suivie par celles des grandes chaînes de pharmacies et quelques centaines d’autres, plus petites. Les ventes de prescriptions en ligne représentent environ 2 % du marché. Dominées par les médicaments « life style », elles sont aussi dopées par les consultations médicales en ligne durant lesquelles les médecins peuvent prescrire par ce canal. Toutefois, le secteur est sous le feu des critiques, en raison de politiques commerciales agressives et de nombreuses erreurs commises par certaines pharmacies… au point que le service national de santé, le NHS, d’abord favorable aux pharmacies en ligne, déconseille désormais aux patients de s’y fournir. Les ventes d’OTC en ligne - autour de 18 % - impactent peu les officines, car celles-ci ne disposent que d’une part réduite de ce marché, dominé par d’autres commerces généralistes.

    Aux Pays-Bas, les ventes en ligne ont succédé, entre 2000 et 2002, aux ventes par correspondance déjà autorisées depuis des années. Les ventes d’OTC en ligne représentent environ 15 % du marché, mais les OTC échappant presque totalement aux pharmacies, l’impact de ces ventes est, comme outre-Manche, mineur pour ces dernières. Les ventes de prescriptions, selon les pharmaciens, sont marginales et concernent avant tout les médicaments « life style ».

    Le Danemark a autorisé très tôt les ventes en ligne mais, précise l’association des pharmaciens danois, il s’agit principalement de click and collect, les patients cherchant ensuite à la pharmacie ce qu’ils ont commandé en ligne. Il existe par ailleurs deux pharmacies purement virtuelles.

    En Suède, de même, les chaînes de pharmacies ont très tôt proposé des ventes en ligne, mais elles ont aujourd’hui fort à faire face à trois pharmacies exclusivement en ligne. Selon les pharmaciens suédois, ces ventes, en pleine expansion, représentent 10 % du total des ventes, prescriptions et OTC confondus.

    On relève des tendances comparables en Norvège et en Finlande. Dans les pays scandinaves, les remises sont interdites sur les prescriptions, et autorisées sur les OTC.

    En Espagne, permises depuis 2013, les ventes en ligne restent néanmoins soumises à une réglementation très stricte, et doivent être adossées à des pharmacies physiques, les acheteurs devant en outre fournir toutes leurs coordonnées pour commander. Les ventes en ligne se sont montées en 2018 à 130 millions d’euros, dont la moitié de produits d’hygiène et de parfumerie. Le pays compte 22 000 officines, mais moins de 10 % d’entre elles disposent d’un site de vente en ligne, tandis que les market places ne sont toujours pas autorisées.

    En Italie, où elles ne sont autorisées que depuis 2015, les ventes en ligne de médicaments OTC et de parapharmacie ont progressé de 65 % entre 2017 et 2018, pour atteindre 150 millions d’euros. Le pays compte déjà près de 650 pharmacies virtuelles, ainsi que 150 parapharmacies virtuelles.

    En Belgique, les ventes d’OTC en ligne sont dominées par quelques officines virtuelles, dont la principale, New Pharma, fait désormais partie des 10 premières pharmacies virtuelles européennes. Les ventes en ligne d’OTC représentent autour de 5 % du marché, bien que les règles de vente soient très strictes, avec notamment une quasi-interdiction de toute publicité, comme d’ailleurs pour les officines.

    En Autriche, les ventes en ligne ont démarré tardivement et lentement, mais elles connaîtraient depuis 2017, selon les pharmacies virtuelles qui y opèrent, une croissance annuelle de 100 %, au point de représenter déjà 12 % du marché des OTC. Ces chiffres sont contestés par l’Ordre des pharmaciens, qui les juge tout à fait exagérées. Par ailleurs, l’Autriche elle-même compte très peu de pharmacies en ligne, la plupart des ventes étant réalisées par des pharmacies virtuelles allemandes et suisses, mais aussi tchèques et slovaques, dont certaines promettent des rabais allant de 20 à 45 % sur les prix en officine.

    Source : Le Quotidien du Pharmacien n°3534

    Actualité Publié le 08/07/2019
  • Cicatrisation connectée par URGO

    Pour Urgo Medical, la prise en charge des plaies des patients passe par le digital.

    Le spécialiste, division de cicatrisation avancée des plaies du groupe Urgo, entend répondre aux difficultés énoncées par les soignants et constatées lors de la prise en charge des plaies des patients : évaluation, choix du bon protocole, et suivi du patient le long du parcours de soins. Il le fait en dévoilant une application mobile, Healico, dotée de trois fonctionnalités principales qui répondent à ces enjeux, et notamment la coordination des professionnels de santé dans une même structure de soins. Healico a obtenu le marquage CE en tant que dispositif médical de classe 1.

    L’application s’adresse surtout aux infirmières de villes et aux médecins généralistes et spécialistes. Urgo Medical attend et espère des pharmaciens qu’ils seront force de préconisation de cette application auprès de leurs patients afin que ceux-ci en parlent eux-mêmes à leur médecin.

    Le plus de la solution : l’évaluation de la plaie se fait grâce à un formulaire composé de sept critères associés à des protocoles de soins validés par des experts indépendants, selon la société.

    Nom du prestataire : Urgo Médical

    Téléphone : 01 85 65 24 24 

    Source : Le Quotidien du Pharmacien n°3532

    Actualité Publié le 03/07/2019
  • L'Ordre belge lourdement condamné

    L’Autorité belge de la concurrence vient de condamner l’Ordre belge des pharmaciens à une amende d'1 million d'euros pour avoir tenté d’entraver le développement du groupe MediCare-Market sur le marché des services délivrés par les pharmaciens.

    Dans un communiqué publié hier, l'Autorité belge de la concurrence (ABC) affirme que l'Ordre belge des pharmaciens (OBP) « s’est opposé au développement du groupe MediCare-Market en décidant notamment de saisir, en octobre 2015, tous les conseils disciplinaires alors concernés par l’ouverture d’une enseigne MediCare-Market et d’intenter, parallèlement, une action judiciaire en cessation, en invoquant pour l’essentiel l’existence d’une confusion entre les pharmacies et les parapharmacies du groupe, en particulier lorsqu’elles sont contiguës ». Des pratiques que l'autorité de la concurrence analyse comme des entraves au développement de MediCare-Market sur le marché des services délivrés par les pharmaciens. L'autorité précise que sa décision ne porte pas sur les « décisions d'agir en justice » mais sur « la stratégie globale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens d’évincer le modèle MediCare-Market ou d’empêcher son développement ainsi que celui de business models comparables ».

    Estimant que la stratégie et les actions adoptées d'octobre 2015 à janvier 2017 par l'ordre sont « nocives au bien-être du consommateur, et notamment à la concurrence tarifaire (sur le prix de vente des médicaments) et non tarifaire (sur l’innovation) » et qu’elles constituent « des infractions graves au droit de la concurrence », l'ABC inflige une amende d'1 million d'euros, calculée sur la base du chiffre d’affaires réalisé par les pharmacies belges sur l’ensemble de leur territoire. « Ce montant correspond au chiffre d’affaires moyen annuel réalisé par une seule pharmacie sur un total de quelque 5 000 pharmacies », précise l'autorité.

    L'affaire belge offre un air de déjà-vu. En France, l'Ordre des pharmaciens a connu pareille déconvenue dans l'affaire dite de la biologie. Condamnée en 2010 par la Commission européenne à une amende de 5 millions d'euros, abaissée à 4,75 millions d'euros par le tribunal de l'Union européenne en 2014, l'instance avait aussi été pointée du doigt pour des restrictions de concurrence.

    Source : Lequotidiendupharmacien.fr 

    Actualité Publié le 08/06/2019